L’Atlantide et le temple d’Edfou selon Graham Hancock

Selon certains chercheurs indépendants, de nombreuses inscriptions sur les murs du temple d’Edfou, qui n’est autre qu’un temple d’Horus, évoqueraient l’Atlantide et son lien avec l’Egypte.

Parmi ces chercheurs affirmant la présence de l’Atlantide ou d’une civilisation similaire disparue sur les murs du temple d’Edfou, il y a surtout l’écrivain Graham Hancock. Dans son livre « Magicien des Dieux » [1], où il s’évertue à tenter de démontrer l’existence de l’Atlantide ou d’une potentielle civilisation similaire évoluée qui aurait disparu sous les eaux il y a 11600 ans, il se sert d’une source, un livre intitulé « The Mythical Origin of the Egyptian Temple » [2] écrit par l’égyptologue Eve Elisabeth Reymond et publié en 1969.

Ps : Graham Hancock intervenant dans le film « BAM : les bâtisseurs de l’ancien monde » du réalisateur Patrice Pouillard en 2018 réaffirme dans ce film la présence de l’Atlantide dans les écrits présents sur les murs du temple d’Edfou.

A savoir que l’auteur Anton Parks affirme également la même chose dans son livre « La dernière marche des dieux » mais ne semble pas s’être basé en priorité sur l’ouvrage d’ Eve Elisabeth Reymond même s’il en a connaissance comme ont peut le vérifier en l’écoutant dans cette vidéo sur la chaîne BTLV. Sa conviction semblerait plutôt provenir de ses visions qu’il aurait eu dans l’enfance et sur ses traductions très personnelles qui n’ont pas fait l’objet d’une publication scientifique pouvant être étudié par des égyptologues. 

Avant de revenir plus en détails sur la source utilisée par Graham Hancock, il est important de rappeler quelques épisodes importants dans l’historique des publications concernant le temple d’Edfou et ses très nombreuses inscriptions.

Textes temple Edfou

Fin du 19ème siècle, le marquis de Rochemonteix, avec son équipage, passe de nombreux mois à estamper et copier les nombreuses inscriptions présentes sur les murs du temple d’Edfou. Il avait pour grand projet de publier la totalité des inscriptions du temple d’Edfou. Tandis qu’il dessinait, ses matelots estampaient les murs avec du papier gris. Malheureusement pour lui, il ne put aller au bout de son projet. Il décéda en décembre 1891 sans avoir pu terminer la transcription de ces très nombreuses inscriptions.

De 1897 à 1920, l’égyptologue Emile Chassinat publie en 3 tomes les nombreuses inscriptions estampées et copiées par le marquis de Rochemonteix. Ensuite, il poursuivit et termina le travail de transcription commencé par le marquis et publia les 11 tomes suivants au cours du XXème siècle. Enfin, un quinzième tome fut publié par Sylvie Cauville et Didier Devauchelle en 1985.

En 1949 et 1954, l’égyptologue Maurice Alliot publie les 2 tomes de son ouvrage « Le culte d’Horus à Edfou au temps des Ptolémées » [3] accompagnés de justifications philologiques et exégétiques qui s’imposent dans ce type d’exercice qu’est la traduction des hiéroglyphes égyptiens. Cependant, ces 2 ouvrages ne comprennent pas les textes se trouvant sur le mur d’enceinte du temple et qui concernent le mythe de la genèse du temple d’Edfou. La retranscription hiéroglyphique de ce mythe a été effectuée dans le tome 6 d’Emile Chassinat.

Transcriptions Edfou - Chassinat
Le temple d’Edfou (Tome 6) publié par l’égyptologue Emile Chassinat (Source)

En 1960, Eve Elisabeth Reymond développe une thèse sur le temple d’Edfou pour son doctorat. C’est en 1969, en tant qu’égyptologue, qu’elle fait publier une version plus développée de sa thèse de doctorat qu’elle intitulera « The mythical origin of the Egyptian temple ». Comme on peut le comprendre de par le titre de son livre mais aussi en le lisant, l’égyptologue s’est surtout intéressé à une partie du tome 6 d’Emile Chassinat qui décrit le mythe de la genèse de ce temple. A ce moment là, comme elle le précise dans sa préface, son étude du temple n’est qu’une première tentative d’interprétation des points de vue égyptiens en ce qui concerne le temple d’Edfou car une étude philologique (avec traductions et commentaires) de ces textes égyptiens aurait représenté un volume et un coût trop élevé.

Au moment où Eve Elisabeth Reymond travaille sur son ouvrage, à sa connaissance (comme elle le souligne dans sa préface), les textes d’Edfou concernant le mythe de la genèse du temple dans le tome 6 d’Emile Chassinat n’ont jamais été traduits et commentés. En effet, aucun travaux de traduction n’avaient été publiées. Cependant, quasiment au même moment l’égyptologue Maurice Alliot avait déjà entamé le travail sur ces textes du mur d’enceinte du temple d’ Edfou qui allaient aussi intéresser Eve Reymond de son côté. Maurice Alliot décède en 1960 sans avoir pu publier ses travaux. Ceux sont ses filles après son décès qui prendront l’initiative de fournir les travaux de leur père à certains de ses collègues afin que son travail suffisamment avancé sur les textes cosmogoniques d’Edfou [4] puisse être publié. C’est André Baruq en 1964 qui publiera les travaux de Maurice Alliot.

En 2007, l’égyptologue Nathalie BAUM publie un ouvrage intitulé « Le Temple d’Edfou » [5]. Dans son livre basé sur la quasi totalité des textes présents sur les murs du temple d’Edfou, on y trouve bon nombre d’informations sur les fêtes, les prières, les incantations, les rituels de purification, les sacrifices d’animaux et autres rites religieux qui se déroulaient dans le temple d’Edfou durant la dynastie des Ptolémées.

En 2014, l’égyptologue allemand Dieter Kurth publie une étude philologique [6] du tome 6 des inscriptions du temple d’Edfou publié par Emile Chassinat, une étude qui reste actuellement la plus aboutie. L’égyptologue souligne d’ailleurs dans son étude que les textes présents sur les murs d’enceinte du temple sont parmi les plus difficile à traduire.

Suite à ces précisions importantes, nous pouvons maintenant analyser le discours de Graham Hancock, dans le chapitre 9 « L’île du Ka » de son livre « Magiciens des dieux » publié en 2015 concernant le temple d’Edfou ainsi que sa lecture qu’il a du livre d’Eve Reymond, un ouvrage de l’égyptologue qui je le rappelle n’est qu’une première tentative d’interprétation des textes du mur d’enceinte du temple d’Edfou. A cette analyse, je vais ajouter l’analyse récente de l’égyptologue Dieter Kurth, mais aussi la traduction de Maurice Alliot si celle-ci existe car il n’avait pas terminé le travail de traduction.

Pour ma part, Graham Hancock a interprété comme il a bien voulu les propos de l’égyptologue E. Reymond et a été jusqu’à transformer des mythes en fausses réalités et des suppositions en affirmations. Je ne dis pas que cela a forcément été fait de manière volontaire et donc sans aucun scrupules mais si l’origine de ses interprétations provient de biais cognitifs, ces derniers sont particulièrement présents chez Graham Hancock.

L’écrivain s’est beaucoup basé aussi sur le fait que dans cette partie du tome 6, on y parle d’une île. En vérité, il y en a plusieurs. Mais surtout ce qu’il faut comprendre, c’est que le terme « île » dans les écritures égyptiennes n’est pas à prendre comme la définition actuelle d’une île mais plutôt comme une notion abstraite d’un lieu, d’une zone qui a une connotation divine forte. On peut prendre comme exemple la ville Soknopaiou Nesos, une ville égyptienne qui dans les écrits égyptiens se traduit par « l’île de Sobek, seigneur de l’île ». Cette île [7] de la divinité égyptienne Sobek, qui est aujourd’hui connue sous le nom de « Dime es-Seba », se trouve dans une région désertique du Fayoum. Et pourtant les égyptiens considéraient cette ville comme une île. Mais dans les écrits qui concernent le mythe de la genèse du temple d’Edfou, les îles que sont l’île du déluge, l’île de combat et l’île de paix semblent être des forces divines représentées par le comportement des eaux et qui ont un rapport avec le Nil, ce fleuve qui est à l’époque la colonne vertébrale de l’Égypte.

Le nil
Le Nil à Assouan

Pour expliquer, je vais proposer une première hypothèse qui part de réflexions succinctes apportées en annotations par Dieter Kurth dans sa publication.  Et j’en ferai une seconde plus personnelle qui ne déviera pas beaucoup de la première mais qui pourrait représenter une autre compréhension réaliste de ces écrits.

Première hypothèse :

L’île du déluge pourrait représenter une inondation ou plus spécifiquement une crue car cela concerne le Nil. Avec la force du courant, la crue entraîne avec elle de la terre se trouvant au fond du Nil formant ainsi un courant d’eau composé dans sa partie haute d’une eau claire et dans sa partie basse une eau à laquelle s’est mélangé de la terre reposant au fond du Nil. Ce processus pourrait en effet représenter l’île de combat. Enfin, une fois les eaux du Nil apaisées et la terre s’étant déposée au fond du fleuve, ces eaux pourraient représenter, dans la mythologie égyptienne, l’île de paix.

Seconde hypothèse :

L’île du déluge pourrait représenter des chutes de pluies abondantes situées annuellement au dessus des montagnes éthiopiennes et surtout au dessus du Rwenzori, une chaîne de montagnes située entre l’Ouganda et la République démocratique du Congo où également il pleut abondamment [8]. Ces sources d’eaux alimentent respectivement le Nil bleu et le Nil blanc qui se rejoignant à un confluent se combattent, s’entrechoquent, pouvant représenter ainsi cette notion d’île du combat qui représentent la crue du Nil en Egypte, une crue qui finit par se calmer et qui ferait des eaux du Nil apaisé, l’île de paix.

Exemples d’interprétations et de traductions

Je laisse donc à chacun le loisir de constater par lui même, avec les informations que j’ai pu récolter ci-dessous, le niveau d’interprétation de Graham Hancock dans sa lecture de l’ouvrage de E. Reymond. Je précise également parmi les travaux des différents égyptologues quels sont ceux qui ont interprétés les textes d’Edfou et quels sont ceux qui ont proposé une véritable traduction notamment accompagnée de justifications philologiques dans leurs publications. Vous pourrez constater par vous-même que la traduction n’est pas simple. Mais ces traductions qui sont celles de Maurice Alliot et de Dieter Kurth concordent sur bien des points avec les traductions des autres textes d’Edfou et surtout n’ont rien à voir avec l’Atlantide. Pour ces autres textes d’Edfou, le mieux est de lire « Le temple d’Edfou » de Nathalie Baum ou « Le culte d’Horus à Edfou au temps des Ptolémées » de Maurice Alliot.

Ps: Je spécifie dans les exemples ci-dessous, si nécessaire pour chaque sujet, la page et la ligne du texte hiéroglyphique dans le tome 6 d’Emile Chassinat.

Des textes d’origines lointaines

G. Hancock (MdD – Chap 9 – Page 128)  : Ce qui est important dans l’évaluation de ces textes (religieux égyptiens présents dans les différents temples d’Egypte antique) est de comprendre qu’ils n’ont pas été composés dans le temple historique (Edfou). Au contraire, nous informe Reymond, les prêtres et scribes d’Edfou se sont contentés de copier ce qu’ils considéraient être les plus importants extraits d’une vaste quantité d’archives qu’ils avaient à leur disposition.

E. E. Reymond (TMOOTET – Page 305) – Interprétation : Il est essentiel de mentionner ici la liste des noms du texte de construction de la face extérieure du mur d’enceinte, qui est le document le plus étendu de ce type. Cette longue liste confirme que les noms mythologiques du temple historique n’ont pas été compilés délibérément, mais étaient plutôt des copies abrégées d’archives mythologiques conservées dans le temple.

Conclusions : Graham Hancock suggère ici que les scribes d’Edfou ont simplement copié les inscriptions de temples plus anciens, voire même des inscriptions de temples qui n’appartenaient pas à leur religion. Or, Mme Reymond parle ici d’inscriptions de noms mythologiques qui se trouvent spécifiquement sur la face extérieure du mur d’enceinte et qui seraient des copies d’archives mythologiques conservées dans le temple d’Edfou, c’est à dire gravées à un autre endroit dans le temple d’Edfou lui-même. Il n’est pas question ici d’archives non composées dans le temple d’Edfou et qui auraient une origine bien plus ancienne autre que ce temple. Graham Hancock interprète comme çà l’arrange les propos de l’égyptologue. Je rappelle également que le temple a été construit en partant du cœur du temple et s’est terminé par le mur d’enceinte sur lequel sont inscrits les textes qui nous intéressent ici.

Plan Temple Edfou

Le canal (E VI 183,1)

Hancock (MdD – Page 133) :

Canal dans livre hancock

E. E. Reymond (TMOOTET – Page 20) – Interprétation : L’événement suivant semble être la conséquence de l’attaque de l’ennemi sur la zone sacrée. Cette partie du récit semble décrire ce qui a été créé et façonné dans l’originel domaine de l’île. L’allusion est faite à la mise en place d’une enceinte et au creusement d’un canal qui contenait une eau d’un genre spécial, et qui a été sanctifiée contre le serpent. Ce moment a été l’origine de l’eau par l’entremise de la Divinité du Cœur.

D. Kurth (Edfu VI – Page 329) – Traduction : « Le dieu du temple est le nom Ka du diviseur de l’inondation (crue), le seigneur de la terreur. Ils sont le diviseur de l’inondation, le seigneur de la terreur (comme le nom de la masse d’eau). Voir le diviseur (le courant) : dit le faucon. »

Conclusions : Graham Hancock précise donc dans son livre qu’un passage des textes d’Edfou selon Eve Elisabeth Reymond mentionne un canal circulaire. Or, dans son livre elle mentionne un potentiel canal mais sans préciser sa forme. Quant à la traduction de Dieter Kurth, qui est une véritable traduction comparée à celle de Reymond qui tient plus d’une potentielle interprétation d’une infime partie du texte, il n’est plus question d’un canal quelconque. Il est toujours question d’eau mais ce passage selon Kurth ne fait ni allusion à un canal ni même à une enceinte comme l’avait suggérer Reymond. Quant à Maurice Alliot, il n’a pas proposé de traduction ni pour cette ligne d’inscriptions,  ni pour la précédente qui débute à la page 183 du tome 6 de Chassinat.

Un temple Atlante ? (E VI 170,2 à E VI 173,3)

G. Hancock (MdD – Page 136) : Ceux qu’il appelle les Originels dans cette citation sont les Atlantes.

Temple coudées Hancock

E. E. Reymond (TMOOTET – Pages 36,37,38) – Interprétation : La cérémonie de fondation de l’enceinte extérieure de Rê  fut organisée en présence de l’aîné de Wetjeset-Neter, de Tanen, de l’Ogdoad, de Rê et du Shebtiw . Le texte semble indiquer qu’avant la construction du temple, l’enceinte avait été construite en roseaux et que cette enceinte mesurait 300 x 400 coudées… Après l’achèvement de ce temple initial, un second a été construit à l’avant de ce complexe, mais lui est contigu. Il semble qu’il y ait eu au début une salle hypostyle de 30 coudées sur 50 devant l’ancien complexe…

D. Kurth (Edfou VI – Page 297 à 302) – Traduction : « Construisez un mur d’enceinte de 300 à 400 coudées. Le mur est fait de roseaux de Nebit, l’ombre est capturée, la cornaline est à son emplacement…« 

Conclusions : Ici, l’écrivain croit trouver dans l’ouvrage de Reymond une description d’un temple Atlante. Cependant, il n’en est rien. La description faite dans l’ouvrage de l’égyptologue concerne la version mythique de la construction du temple d’Edfou, tout simplement. Je rappelle que le titre de son livre est « L’origine mythique du temple Egyptien », même si cela concerne plus précisément dans son livre le temple d’Edfou. De plus, l’égyptologue commence avec la construction de l’enceinte extérieure, celle-là même sur laquelle est gravé le mythe de la genèse du temple d’Edfou. Enfin, quant au fait qu’un mur d’enceinte fut construit avec des roseaux, je laisse chacun juger du caractère réaliste de ce genre de construction.

Le déluge (E VI 181,14)

G. Hancock (MdD – Page 133) : Si violent qu’il détruisit la terre sacrée. […]Les eaux originelles […] submergèrent l’ïle […], et l’île devint le tombeau de ses divins habitants. […] La demeure disparut dans les ténèbres sous les eaux primitives.

E. E. Reymond (TMOOTET – Page 109) – Interprétation : Le résultat fut que les deux premiers domaines ont été détruits et l’œil saint est tombé. […] L’eau primitive (ou eaux originelles) aurait pu submerger l’île à la suite d’un combat et l’île est devenu le tombeau des premiers habitants divins.

D. Kurth (Edfou VI – Page 323) – Traduction : « Il y a l’île du déluge, l’île du combat, l’île de paix et la crue persistante comme nom de ce lit des eaux.« 

M. Alliot (TCE – Page 133) – Traduction : « Il y eut les eaux étendues, les eaux du combat, les eaux apaisées, les eau immobiles comme nom de la nappe (d’eau) sur l’heure« .

L’œil saint (E VI 181,11 ; E VI 181,13)

G. Hancock (MdD – Page 137) :

Mais la meilleure preuve d’une technologie avancée dans la demeure des Originels est livrée dans l’un des extraits d’Edfou … « L’évocation de l’Oeil saint semble un peu étrange » concède Reymond. Mais elle explique, bien que les textes semblent imprécis sur ce point, qu’il pourrait s’agir « du nom du centre de lumière qui éclairait l’île ». Nous sommes, en bref, contraints d’envisager une espèce d’éclairage artificiel sur l’île originelle de dieux. En dehors de çà :   » Tout ce que nous pouvons dire avec des réserves, c’est qu’une sorte de désastre aurait précipité la chute de l’Oeil Saint, avec pour conséquence de plonger dans l’obscurité totale le domaine du Créateur. » (Reymond)

E. E. Reymond (TMOOTET – Page 108) – Interprétation : 

La mention de l’Oeil saint dans cette histoire de création semble un peu étrange. En fait, la fonction de l’Oeil saint n’est pas claire ici, car elle n’est jamais mentionnée dans le récit qui suit. À l’exception d’une référence assez vague à la lumière, ce mythe de la création ne mentionne aucun corps astral, ni ne fait allusion au disque solaire. L’œil saint pourrait dans cette tradition avoir été le nom du centre de la lumière qui a illuminé l’île. C’est cependant quelque peu hypothétique. Tout ce que l’on peut dire, avec réserve, c’est qu’il semble y avoir une allusion à un désastre qui aurait causé la chute de l’œil Saint, de sorte que l’obscurité totale est tombée sur le domaine sacré du Créateur. (E VI 181,11 ; 181,13)

D. Kurth (Edfou VI – Pages 322 et 323 ) – Traduction : « (Ceci est) une reproduction fidèle du texte de Thot, d’après la parole du Djaisu du Mehet-weret, qui est appelé le lieu des premiers temps primitifs. » (E VI 181,11)

L’origine des deux dieux Schebti, « le lointain » est le nom Ka de l’un, « le grand » est le nom Ka de l’autre. (E VI 181,13)

M. Alliot (TCE – Page 133) – Traduction : « Quant à : « Celui-qui-rend-prospère-l'(Oeil) le Seul-et-Unique, étend l'(Oeil). » (E VI 181,11)

« (Qui sont en) tête de pourvoyeurs : « Lointain », (dont) le nom est l' »unique », (et) « le Grand », « le Seul-et-Unique », à l’instant de midi. » (E VI 181,13)

Conclusions : 

Comme on peut le constater, E. Reymond était assez loin du compte. Mais comme elle l’a répété avec insistance, son interprétation était très hypothétique. Cela n’a pas empêché G. Hancock de prendre ses propos au sérieux pour en arriver au point d’écrire « Nous sommes contraints d’envisager une espèce d’éclairage artificiel sur l’île originelle ». Cet éclairage qui au final n’existe pas aurait pu être le soleil ou la lune mais non, pour G. Hancock c’était forcément un éclairage artificiel. Hancock est tellement persuadé que les atlantes, et cela sans justifications valables, ont réellement existé, qu’il cherche tout ce qu’il peut trouver dans des écrits anciens (mettant tout le reste de côté) pour confirmer sa conviction personnelle quitte à transformer les interprétations très hypothétiques d’une jeune Egyptologue en des suggestions inspirées de ses propres convictions.

Sources 

[1] « Magiciens des Dieux » de Graham Hancock, publié en 2014.

[2] « The mythical origin of the egyptian temple » de l’égyptologue Eve Elisabeth Reymond, publié en 1969.

[3] « Le culte d’Horus à Edfou au temps des Ptolémées » de Maurice Alliot – Tome 1Tome 2.

[4] Les textes cosmogoniques d’Edfou (d’après les travaux de Maurice Alliot), publié par André Barucq en 1964.

[5] « Le temple d’Edfou » de Nathalie Baum (Egyptologue/Historienne), publié en 2007.

[6] Edfou VI: Die Inschriften Des Tempels Von Edfu, publié par Dieter Kurth (2014).

[7] L’île du Fayoum (Article du Louvre)

[8] Revue des deux mondes (Volume 70 – Page 276), publié en 1942.

 

 

Votre commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

Créez votre site Web avec WordPress.com
Commencer
%d blogueurs aiment cette page :